Symposium Construire ensemble
Le 1er mai 2026, Hart House de l’Université de Toronto a accueilli le symposium Construire ensemble, organisé par les professeures du Centre de recherches en éducation franco-ontarienne (CREFO).
Cet événement a rassemblé des chercheur·e·s et des professionnel·le·s issus des programmes de français langue seconde (FLS) en Ontario. Le symposium visait à créé un lieu de réflexion et de coconstruction autour d’enjeux clés tels que l’inclusion, la diversité et la sécurité linguistique des élèves.
À travers des ateliers animés par des membres du CREFO et des partenaires du milieu éducatif (enseignant·e·s, professeur·e·s, conseiller·ère·s pédagogiques), les participant·e·s ont exploré des pratiques favorisant une francophonie inclusive et plurielle. L’objectif était d’analyser les réalités propres à chaque réseau afin de dégager des stratégies communes et innovantes.
Inscrit dans une perspective interdisciplinaire (pédagogie en contexte minoritaire, sociolinguistique, éducation inclusive et justice sociale), Construire ensemble a favorisé des échanges concrets entre recherche et pratique et encouragé la création de partenariats durables au service de la réussite et du bien-être des élèves. Inspiré par une approche d’« espoir critique », le symposium a proposé d’agir collectivement, de manière consciente et solidaire, pour renforcer la vitalité du français en Ontario.
La journée s'est clôturée par la conférence plénière de Johanne Jean-Pierre de l'Université York sur l'espoir critique en éducation.
« Cet après-midi, la conférence plénière nous invitait à réfléchir à ce que signifie faire de l’espoir critique une réalité en éducation. Comme l’a souligné Joanne Jean-Pierre, il s’agit d’un espoir qui suscite des actions transformatrices, particulièrement dans des contextes marqués par une diversité profonde et complexe. Et aujourd’hui, cet espoir critique a pris forme dans les échanges, dans les ateliers, dans les questions parfois inconfortables, mais nécessaires. Un espoir ancré dans la pratique. Un espoir qui demande du courage et du collectif. Un espoir qui ne peut exister sans vous. Parce que nous avons besoin des enseignants profondément, concrètement, pour faire avancer les connaissances sur la pédagogie inclusive. Vous êtes au cœur de l’enseignement, au cœur du changement, au cœur de la compréhension de ce qui fonctionne, pour qui, et dans quelles conditions. Ce que vous observez, expérimentez et adaptez chaque jour est essentiel pour transformer l’éducation. Dans le contexte particulier de l’éducation en français en milieu anglophone en Ontario, ce rôle est encore plus déterminant. L’école d'immersion française peut être un puissant vecteur d’équité, un lieu où se rétablit la légitimité linguistique et identitaire des élèves, notamment ceux dont la langue première n’est pas l’anglais. Et en immersion, il y a quelque chose de très fort : presque tous les élèves commencent, en quelque sorte, sur une base plus équitable. Avec très peu, parfois presque aucune connaissance du français, ils ne sont plus définis comme des ELL, mais deviennent avant tout des élèves de et en français. Cela transforme profondément leur rapport à la langue, au groupe, à l’école. C’est donc une occasion unique, dans nos classes de et en français : de travailler à plus d’équité ; de renforcer la légitimité des identités des élèves ; de créer des environnements où chacun peut trouver sa place dans un rapport différent à la langue. » Emmanuelle Le Pichon, directrice du CREFO.